Solidaires, Unitaires et Démocratiques

Conflit d'Argenteuil.

 

Conflit d' Argenteuil 

 

 

 

 


6 semaines de luttes contre Facteur d’Avenir dans le Val d’Oise

 

Un mouvement qui nous interpelle.

 

Entre postiers, lorsqu’on évoque ce conflit, plusieurs questions nous viennent à l’esprit :

- Comment des facteurs-trices peuvent-ils décider de faire 42 jours de grève alors qu’ils ont des petits salaires et que le métier est réputé pour cultiver le «  chacun pour soi, Dieu t’aidera » ?

- Comment est-ce possible de faire plier le rouleau compresseur « Facteur d’Avenir » alors même que le CTED (Centre de Traitement et d’Entraide à la Distribution) permettrait de casser tout conflit-distri en remplaçant les facteurs-trices grévistes par la quasi-totalité des cadres de la DOTC, via « Le Plan de Secours » ?

Rappel historique :

Ces mois de février et de mars 2010 ont constitué une période particulièrement chaude. Des  luttes d’une telle intensité sont quasiment historiques.

 

Tout commence avec le départ en grève des facteurs d’Argenteuil exaspérés par une restructuration particulièrement sauvage.

Le conflit s’encrant, SUD décide de déposer un préavis départemental pour permettre à tous les facteurs de rejoindre le combat.

 

Le 2 mars, un rassemblement départemental de lutte se tient devant la Direction. Plusieurs bureaux partent en grève : l’Isle Adam, Domont, Deuil, Groslay, Saint Gratien, Enghien  obtiennent quelques reculs de La Poste : avec des moratoires sur Saint Gratien (ce qui n’était pas forcément la revendication principale) et, à un degré moindre, sur Enghien ; et la création de 2 PT renforts sur Deuil.

Il y aura un second rassemblement, le 9 mars ; et un ultime, le 22 mars, cette fois-ci à Argenteuil ; avec, à chaque fois, une participation importante.

Il faut aussi noter que, fait exceptionnel, une partie significative des cadres a refusé, bien que tardivement, de faire la sale besogne de briseur de grève.

 

Argenteuil : le bras de fer

Les facteurs ont fait plier une Direction impitoyable, parfaitement incarnée par la DE,  Madame Pascreau ; et Monsieur Lemaire, DOTC.

Les acquis sont loin d’être négligeables, avec la création de 9 QL et le comblement de 11 emplois. La Poste a bel et bien reculé. Il reste à nos collègues et aux O.S. parties prenantes du conflit à transformer l’essai afin de pérenniser les acquis de la grève.

 

La solidarité a aussi été forte : elle s’est exprimée par les nombreux soutiens de postiers, de partis, de collectivités et d’usagers d’Argenteuil. Sur le plan financier, les fonds collectés sont importants.

La leçon est claire : on peut, par notre détermination collective, faire plier la boîte tout en limitant les dégâts sur le plan financier.

 

 

 

A l’origine du conflit : FA, un projet profondément néfaste ! 

Dès le départ, nous avons dénoncé le projet d’organisation Facteur d’Avenir et  nous étions quelque peu isolés dans le désert, puisque nous avons été la seule organisation syndicale au niveau national à faire valoir notre droit d’opposition.

Dans les établissements, nous avons connu des moments difficiles où, souvent,  seuls SUD et la CGT refusaient d’entériner des organisations FA pourtant validées par les facteurs.

Bien sûr, les pressions exercées par la Direction et par certaines organisations syndicales, voire par des « promus » prêts à tout, ont souvent joué dans ce sens négatif. Mais les faits étaient là : beaucoup de facteurs ne comprenaient pas notre démarche.

 

 

Le rejet massif d’une politique !

C’est la première et principale leçon que nous tirons de ce mouvement : les facteurs connaissent la nature profonde de FA avec les attaques importantes contre l’emploi qui vont de pair. La politique de La Poste est mise à nue : son seul objectif est de pressurer au maximum, et par tous les moyens, les postiers. Il faut que les actionnaires de la Poste SA reçoivent leurs dividendes, peu importe les dégâts humains et le service public !

La deuxième leçon est que, face au rouleau compresseur de La Poste, nous pouvons gagner !

 

L’unité, la détermination, la solidarité, l’autogestion, des valeurs gagnantes !

C’est, en premier lieu, cette unité du personnel qui a permis aux collègues d’Argenteuil de tenir aussi longtemps contre vents et marées et d’arracher une victoire.

L’autre élément est l’unité syndicale : CFDT, CGT et SUD ont été, presque jusqu’au bout, (la CFDT ayant décroché le 22), quotidiennement présents. C’est le rôle des organisations syndicales de s’impliquer directement, jusqu’au bout, en respectant le mandat des collègues en lutte. Mais, pour SUD, il s’agit d’un appui, le rôle premier est donné aux  grévistes et ce à tous les niveaux : établissement des revendications, modalités de lutte, tenue des audiences, initiatives, etc. Nous sommes un outil au service des mobilisations et non pas un organe directeur autoproclamé en sus et place d’un comité de grève représentant les salariés. Sans tomber dans un prosélytisme de bas étage : les syndicats ont démontré leur utilité, il faut renforcer le syndicalisme pour qu’à la base il y ait des collectifs de syndiqués qui se battent sur le terrain.

 

L’extension du conflit : une arme redoutable …

Une grève d’ensemble reconductible est la perspective développée par  notre organisation syndicale. SUD tente de le construire car, que  ce soit contre FA, pour ce qui nous concerne, ou  le combat contre la remise en cause de nos retraites, il faut ce mouvement d’ensemble des postiers et des travailleurs.

Ces semaines riches en luttes nous montrent que cette perspective n’est pas illusoire. Nous pouvons faire reculer la boîte et aussi le gouvernement. Imaginez une vraie grève de l’ensemble des postiers et vous pouvez imaginer un résultat plus important et surtout plus rapide.

Aujourd’hui nos revendications demeurent :

Non à la sécabilité, non aux dépassements horaires  et non aux suppressions d’emplois !

 

 

Et la justice dans tout ça ?

Et pourtant, une fois de plus, la justice (apparemment la seule chose que La Poste comprenne en plus de la grève) nous a donné raison.

 

En effet, après les jugements de La Motte Servolex, en Isère, où le juge affirmait que l’accord de 1999 était un incontournable et qu’il devait être respecté, après les jugements d’Evry (Essonne) , de Reims en Champagne Ardenne (DTELP) où il expliquait que ce même accord de 99 est un accord de cycle, un nouveau jugement vient de tomber à Meaux, qui annule 19 réorganisations et explique bien que La Poste doit mettre en place des cycles de travail, se répétant d’une semaine sur l’autre et n’a pas possibilité de modifier à sa guise les horaires de travail de ses agents (comme elle le fait avec Facteur d’Avenir).

 

Dans le Val d’Oise, les organisations mises en place à par La Poste à Eaubonne, Magny, Argenteuil au courrier, Bezons et Goussainville à l’Enseigne seront jugées au Tribunal avant les grandes vacances.

 

 

Les dépassements horaires : une bataille de tous les jours

Pour autant, nous ne sommes pas toujours devant un mouvement de grève, c’est pourquoi SUD mène une campagne pour le respect des horaires. Les conditions de travail suite aux restructurations rendent l’écoulement de la charge impossible d’où les prises de service anticipées, les pauses que l’on ne prend plus, la course sur la tournée pour, au final, dépasser ses horaires.

 

La Poste alourdit constamment la charge de travail et ne veut pas prendre en compte les dépassements horaires. Collectivement, nous devons respecter nos horaires, la charge de travail doit être assumée dans le cadre des horaires officiels.

C’est une manière de défendre nos conditions de travail, de faire reconnaître la charge de travail et les créations d’emplois nécessaires.

 

Le fric, le nerf de la guerre ?

Entre nous, on se le dit souvent : « la grève OK, mais ça coûte cher et j’ai pas les moyens ». Face au rouleau compresseur de La Poste, le combat semble impossible. Pourtant une grève permet de négocier et donc de limiter le nombre des retraits et de bénéficier d’une solidarité financière.

Cette  solidarité qui s’est manifestée autour du conflit a permis de récolter des sommes importantes : environ 25 000 euros dont 10 000 de la mairie et 4000 pour SUD, ce qui compense une partie significative des jours de grève.

 

 


Aujourd’hui, Argenteuil ouvre une brèche ! Demain tous et toutes ensemble !

Les grévistes,  par leur détermination, leur entêtement et leur solidarité nous ont démontré qu’un conflit peut se financer et surtout se gagner.

Il est donc possible  de construire le « Tous ensemble » qui nous permettra de gagner sur des questions concrètes et demain, qui sait (?) de changer cette foutue société et de retrouver, pour tous les postiers, la dignité et le respect.

 

 

POUR NOUS CONTACTER :

 

Syndicat SUD Postaux Val d’Oise 17 Rue Veuve Quatremain 95650 Boissy l’Aillerie

Tél : 01 30 31 94 29 – 06 08 82 43 96   Fax : 01 30 31 93 79 – Email : sudpostaux95@wanadoo.fr

Site internet : http://sudptt.e-monsite.com/                        Facebook à SUDPOSTAUX 95

 

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 à renvoyer dans une enveloppe non affranchie à

 

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